Actualités de la recherche

Au musée Saint-Remi : enquête sur les vestiges de l’ancienne abbaye Saint-Nicaise

Édifiée au 11e siècle sur les fondations de l’ancienne basilique gallo-romaine dite « de Jovin », transformée deux siècles plus tard par Hugues Libergier et Robert de Coucy, l’abbaye Saint-Nicaise de Reims n’a fait l’objet que de rares études depuis la fin du 19e siècle. En effet, vendue à la Révolution française, puis transformée en carrière de pierres, il reste aujourd’hui très peu de vestiges de cet ancien complexe monastique, qui constituait pourtant un exemple majeur pour l’histoire de l’art et de l’architecture gothique à Reims au 13e siècle. Comme oubliés, les fragments de pierre de l’abbaye Saint-Nicaise se trouvent désormais dispersés entre les salles d’exposition et les dépôts lapidaires du musée Saint-Remi et du musée des Beaux-Arts, mais également dans les caves de la Maison Taittinger.

L’étude des vestiges lapidaires de l’ancienne abbaye, réalisée dans le cadre d’un mémoire de deuxième année de Master à l’École du Louvre, présente deux objectifs principaux. D’une part, elle vise à permettre de mieux saisir l’histoire de l’abbaye du bas Moyen Âge à nos jours, et d’autre part, à comprendre la logique de la structure architecturale du complexe monastique.

Par ailleurs, l’analyse précise et l’identification des vestiges lapidaires, en tenant compte de leur typologie et de leur style, a pour objectif de reconsidérer leur emplacement originel dans l’édifice, mais surtout d’apprécier la technique des sculpteurs qui ont travaillé sur le chantier de Saint-Nicaise au 13e siècle.

Céline CHAMPCOURT
Élève en 2e année de 2e cycle à l’École du Louvre

Au musée des Beaux-Arts : Les photographies de Charles Ségoffin d’après des caricatures d’Edmond Lavrate

Le musée des Beaux-Arts de Reims conserve vingt-neuf photographies de la fin du XIXe siècle ; elles sont signées par Charles Ségoffin, photographe parisien, et reproduisent des caricatures d’Edmond Lavrate (1829 – 1888), dessinateur. Leur format, toujours le même, est celui du portrait-carte. Le dépouillement du journal Bibliographie de la France a permis de les dater des années 1864 -1865, durant lesquelles Ségoffin se consacre à la photographie de caricatures. Cette période correspond aux premiers dessins de Lavrate.

Chasseurs, pêcheurs, soldats, bonnes, agriculteurs, maires, femmes mariées ou nubiles, Lavrate décrit tout type de situation qui donne à rire et permet à chacun de s’identifier. Cet artiste caricaturiste ne recourt par à la disproportion des personnages, avec de grosses têtes sur un petit corps, et il ne cible pas des personnages politiques en particulier. Il s’oriente plutôt vers la représentation des types humains, auxquels il donne des attributs spécifiques. Républicain anticlérical, ses aquarelles visent à ridiculiser certaines catégories de la société contemporaine : tout d’abord les militaires (il produit des nombreuses séries intitulées « Garde Nationale » , ou « Troupiers »), les petits bourgeois, mais aussi le clergé, les marchands et d’autres corps de métiers qui, de manière plus large, résument les mœurs de son époque. Au dessin est toujours associée une légende : entre jeux de mots et calembour, la scène joue ainsi sur des doubles sens.

Les photographies des caricatures du musée des Beaux-Arts de Reims proviennent de plusieurs séries de Lavrate, l’artiste mélangeant thèmes et personnages dans chacune. Cinq d’entre elles peuvent se relier à une série conçue comme une petite histoire, dans laquelle figure toujours le même personnage suivant un développement temporel : La journée d’un pêcheur, en vingt caricatures qui sont transformées en portraits-cartes par Ségoffin. Après être resté dix heures débout sous la pluie avec sa canne à pêche, le personnage rentre à la maison avec un seul poisson, mais celui-ci lui est volé par un chat, qui s’enfuit avec sa proie dans la gueule...

Téléchargez l’intégralité de l’article en cliquant : ici

Eugenia DELL’AIUTO, stagiaire au département de la conservation et de la recherche, diplomée de Master 2 de l’Ecole du Louvre